27 mai 2019 | Actu Numérique
Pour ceux qui me connaissent, c’était une évidence
d’apporter mon grain de sel historique dans ce
monde de brutes !
 
Pour comprendre ce qui se passe au présent ou
anticiper l’avenir, rien de tel que de comprendre
ce qui s’est fait dans le passé !
 
Je n’avais pas toutes les infos sur ce thème alors
je me suis dit, tiens, je vais creuser le sujet,
je me coucherai moins bête ce soir.
Rien que pour vous, amis candidats ou recruteurs, je vous invite à voyager dans la passionnante histoire du recrutement.
(Stéphane Bern sort de ce corps….., avec cette photo, je n’ai pas pu m’en empêcher)
 

Le recrutement….on peut s’imaginer bien des choses sur ce concept dont certains en font leur métier.

Les techniques autour de cette profession ont pas mal évolué au cours des dernières décennies, appelant parfois à des termes barbares comme « chasse de têtes ».

D’ailleurs, ce terme est sans doute galvaudé, la frontière entre l’approche directe et la chasse étant relativement floue de nos jours…
 

Si je prends le Larousse, le recrutement est définit de la manière suivante : 

« Lever, enrôler des troupes, des recrues ; Amener quelqu’un à entrer dans un parti, un groupe, une société ;
Engager des gens pour tenir certains emplois. »
 
Lever, enrôler, amener, engager, …..des mots plutôt forts et qui suscitent réflexion, non ?
En tous les cas, à la lecture de ces termes, on voit bien qu’il y a une notion d’engagement, de motivation voire d’appartenance pour que l’action se déroule comme il se doit….
 

Au départ, le recrutement peut puiser ses origines dans le domaine militaire où, au Moyen-Âge par exemple,

« on levait une armée » sur la base du volontariat pour une noble cause, à quelques exceptions près.

(Jeanne d’Arc a bien levé une armée pour le Roi de France pour lutter contre les Anglais). On parle aussi de
constitution de bandes, d’esprit de corps, déjà d’armée de métier…
 
Une chose est sûre, la notion d’engagement devrait être sacrément forte pour être prêt à se faire zigouiller
pour une cause (même noble) !!

Le changement historique majeur, c’est lors de la Révolution Industrielle, fin XIXe.

Avec les créations des premières usines telles qu’on peut les connaître aujourd’hui, on est à la recherche d’une main d’œuvre importante ; il faut recruter à grande échelle des ouvriers (j’exclue l’esclavagisme qui est déjà abolit en partie à cette époque).
C’est là qu’apparaissent les premiers bureaux et Services du personnel. Mais à cette époque, on reste encore sur le principe
du volontariat : on s’adresse à un bureau pour trouver un boulot dans une société précise.
 
Et puis patatra….le XXe siècle arrive avec tout son lot d’horreurs matérielles et humaines à grande échelle.
Le paroxysme de l’auto-destruction de l’Humanité à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, où on ne trouve plus de personnel, notamment de dirigeants.
 
Humour noir ou cynisme, on a toujours besoin de se relever et de recruter, mais on ne peut plus faire comme avant,
puisque nous sommes dans un marché PE-NU-RIQUE !!! (tiens donc, ça me rappelle un truc…)
 

Et c’est en 1946, qu’un Américain, consultant en stratégie, Sydney BOYDEN, va bouleverser

les techniques du recrutement et pense un nouveau concept : contacter les Top managers

déjà en poste ayant les compétences et qualités requises pour telle ou telle entreprise :

c’est l’Executive Search ou, la chasse de têtes.

Baby Boom et 30 Glorieuses apportent un contexte de plein emploi et décomplexent la position du candidat.
Pour autant, afin de gérer la mobilité et de miser sur le capital humain qui devient un enjeu, il devient nécessaire
de professionnaliser la fonction RH au sein de l’entreprise.
 
Années 1980/1990, la situation de l’emploi se tend, on entend de nouveau parler de crise, de chômage… Il devient parfois
délicat de trouver un poste ou de fidéliser le candidat. Le rôle RH devient déterminant même si celui-ci est parfois directement
mis à mal.
 
Évolution des mentalités et surtout profonds changements technologiques, c’est évidemment l’arrivée d’Internet !
 
Fin des années 90, le candidat n’a plus à se coltiner les journaux où figurent les petites annonces emploi à côté
des petites annonces matrimoniales… Les premiers Jobboards déboulent sur la toile.
 

Les métiers de l’informatique se développent, de plus en plus, et de plus en plus vite.

Amis développeurs, je vous pose cette question :

qui pouvait dire il y a à peine 10 ans ce que vous faites aujourd’hui comme métier
et dans quel environnement ?
 
A titre perso, je trouve ce côté exponentiel de la sphère de l’IT complètement
dingue et palpitante !

Reprenons…Les outils aussi se développent à vitesse Grand V - une véritable course à l’échalote !

- que l’on soit candidat (pour trouver le job de ses rêves) ou recruteur (pour trouver le meilleur candidat) : annonces, réseaux sociaux, jobboards, sites web, outils de sourcing divers et variés, video, etc…

Et aujourd’hui ?

Avec l’essor de ces outils, quelques recruteurs eux-mêmes sont sceptiques quant au devenir de leur profession. Dommage !

Je fais partie des gens qui voient le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide ;-) : les outils sont une aide formidable mais n’oublions pas qu’il y aura toujours un donneur d’ordre derrière pour les concevoir et les programmer…

De même qu’un outil mal utilisé pourra avoir un effet inverse. Franchement, il n’y a qu’à constater les techniques de messagerie de masse sur un certain Réseau social professionnel, qui font fuir les candidats concernés …

Donc, au final, le succès du recrutement, c’est quoi ? Qu’est-ce qui fonctionne ?

Les outils sont-ils LA réponse pour un bon recrutement ??

Actuellement, on est dans un contexte ultra tendu. On ne s’est pas pris une bombe atomique sur le coin du nez au sens propre comme en 1945 mais les difficultés à recruter sont belles et bien présentes : nous sommes sur un marché pénurique. Le rapport au travail a très clairement changé, les rôles se sont inversés.

Les candidats ont fait évoluer leur niveau de priorité et sont davantage en quête de sens dans leur schéma professionnel.

Les employeurs, eux, cherchent les meilleurs.

On aura beau avoir des supers outils techniques (qui coûtent une blinde parfois, soit dit en passant), si on ne met pas l'humain au coeur de leur utilisation (se mettre à la place de l’autre), ça ne fonctionnera pas de manière pérenne.

Une discussion, un accompagnement, se sentir écouté, accueilli, avoir des temps de partage de connaissances, aussi par l’aide des outils…. Aujourd’hui, les occasions ne manquent plus : meetup, jobs datings, soirées ou petits déjeuners réseaux….

 

Finalement, le recrutement, n’est-ce pas l’histoire d’une belle rencontre qui fonctionne bien entre un candidat et une entreprise, avec de l’engagement et de la réciprocité ?

Tiens donc, « engagement ». Un terme qui revient,… et qui trouvait déjà ses origines au Moyen-Age….

La boucle est bouclée !

Article rédigé par Eleonore BOCQUET, associée @ Externatic